Délit-de-son
Quintet de Jazz contemporain
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Sylvain Mangiarotti : Saxophones, bruits, direction, compositions |
Ce qui m'a frappé en voyant et écoutant Délit de Son en concert,
outre les timbres du sax et de la clarinette basse, le swing de la section rythmique,
la caresse de la guitare, les bruitages ou les silences, c'est le sentiment d'écouter
quelque chose qui est vraiment créé dans l'instant présent. Je trouve cela
malheureusement trop rare.
Les musiques improvisées me plaisent car elles sont à l'image de la vie,
toujours en mouvement, jamais répétées. C'est le concept d'Héraclite
d'Ephèse, panta rei, « tout s'écoule »,
cette invocation de flux irrépressibles qui fait « qu'on ne peut descendre deux fois
dans le même fleuve ».
Comme deux journées ne sont jamais les mêmes, un même morceaux
joué à des moments différents ne devrait jamais être le même.
Avec comme sujet d'investigation la liberté et pour moyen le langage de grille ouverte,
Délit de son pousse à l'extrême cette idée,
en nous emmenant dans une petite aventure musicale que l'on suit avec
intérêt et étonnement mélangé : improviser sur une grille elle-même improvisée
(cf. le concept de « grille ouverte »), scinder le groupe rythmiquement en deux, la batterie
et le sax jouant sur un tempo différent des trois autres, voilà le genre de petits jeux auxquels
s'adonnent les musiciens de « Délit de son ».
Le résultat est superbe.
Victor, kalakujazz
Pierre Sauvanet (philosophe), paru chez L'Harmattan (2006).« [...] Avant de conclure, il reste encore un cas assez unique dans l'histoire de l'improvisation collective. Ce n'est que très récemment que j'ai entendu parler d'un nouveau projet d'improvisation, dû à un jeune chercheur et saxophoniste toulousain, Sylvain Mangiarotti. Son projet a tout à fait sa place ici, car il se situe précisément entre la création et l'interprétation. Son but est en effet d'orienter l'improvisation à plusieurs, ce qui peut paraître paradoxal, non pas de l'extérieur, mais de l'intérieur du discours musical. En clair, certains son émis et perçus dans la trame même de l'improvisation musicale fonctionnent comme signaux de changement de tonalité (ou autre), à destination des autres improvisateurs. Chaque signal n'est pas un simple « thème-signal » comme on en trouve dans de nombreuses improvisations collectives (de Coltrane à Portal en passant par certain riffs de Miles Davis dans sa période électrique), mais un bref motif immédiatement reconnaissable et fonctionnant comme déclencheur précis d'un événement précis (par exemple pour le changement de tonalité, il existe douze motifs pour les douze sons, et deux motifs pour majeur et mineur). On provoque ainsi une improvisation créatrice en "interprétant", dans tous les sens du terme, non une partition, mais une simple série de signaux codés à l'avance, et maîtrisés par tous les instrumentistes. |
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L'originalité de cette méthode est
au moins double : d'une part, les signaux sont eux-mêmes musicaux, et
appartiennent donc au même code que l'improvisation musicale, à laquelle
ils sont délibérément intégrés comme tels (motifs); d'autre part, les
signaux-motifs permettent d'orienter l'improvisation vers de nouveaux
territoires harmoniques qui peuvent être anticipés par tous, et
éventuellement renouvelés par chacun. Cette technique de "grille ouverte"
a déjà été pratiquée de manière expérimentale
au sein d'ensembles réduits,
entre musique contemporaine et jazz. Pour en avoir écouté quelques extraits
enregistrés, elle semble tout à fait prometteuse. [...] » |
Site internet de Délit de son
Contact : delitdeson@free.fr, 06-83-53-72-51 ou 05-61-25-92-99